Un nombre impressionnant de soldats français, dont énormément de
réservistes, sont faits prisonniers par l'armée allemande lors de l'été
40. Alors qu'il est lui-même fait prisonnier à Ledringhem, près de
Dunkerque, César Fauxbras se met à consigner tous les propos de ses
compagnons de fortune. La prison se fait lieu de libération de la
parole, jusqu'alors bâillonnée par le "devoir" de réserve et la peur des
représailles. Les opinions sondées sont celles d'hommes habituellement
muets, s'exprimant ici sans détours, bien loin du panache militaire et
des opinions officielles évoquant notamment la vaillance des soldats de
l'armée française. Le ton est enlevé, gouailleur. Il sert une autre
vision de l'Histoire. Les soldats cherchent à comprendre la situation, à
expliquer les raisons de la défaite et de leur détention. Deux causes
sont invoquées : la faiblesse de l'armée française face à l'efficacité
de l'armée allemande ou bien le défaut de motivation des trouffions.
C'est cette vie de trouffion qui est ici rapportée, les inquiétudes des
uns, les regrets des autres notamment le tiercé du dimanche ou
l'éventuel raccourcissement du Tour de France causé par cette guerre...
Les plaisanteries qui fusent sont des merveilles de français argotique.
Des projets d'évasion franchement loufoques se profilent. Le texte
montre au final les limites du patriotisme et de la désertion. Grand
roman de la débâcle, écrit par les mobilisés eux-mêmes, qui se pensent
victimes d'une vaste "couillonnade"...
Description:
Un nombre impressionnant de soldats français, dont énormément de réservistes, sont faits prisonniers par l'armée allemande lors de l'été 40. Alors qu'il est lui-même fait prisonnier à Ledringhem, près de Dunkerque, César Fauxbras se met à consigner tous les propos de ses compagnons de fortune. La prison se fait lieu de libération de la parole, jusqu'alors bâillonnée par le "devoir" de réserve et la peur des représailles. Les opinions sondées sont celles d'hommes habituellement muets, s'exprimant ici sans détours, bien loin du panache militaire et des opinions officielles évoquant notamment la vaillance des soldats de l'armée française. Le ton est enlevé, gouailleur. Il sert une autre vision de l'Histoire. Les soldats cherchent à comprendre la situation, à expliquer les raisons de la défaite et de leur détention. Deux causes sont invoquées : la faiblesse de l'armée française face à l'efficacité de l'armée allemande ou bien le défaut de motivation des trouffions. C'est cette vie de trouffion qui est ici rapportée, les inquiétudes des uns, les regrets des autres notamment le tiercé du dimanche ou l'éventuel raccourcissement du Tour de France causé par cette guerre... Les plaisanteries qui fusent sont des merveilles de français argotique. Des projets d'évasion franchement loufoques se profilent. Le texte montre au final les limites du patriotisme et de la désertion. Grand roman de la débâcle, écrit par les mobilisés eux-mêmes, qui se pensent victimes d'une vaste "couillonnade"...