En 1828, l'une des femmes les plus en vue de Paris, la marquise
d'Espard, dépose auprès du tribunal une demande visant à faire interdire
son mari. Elle accuse le marquis, dont elle vit séparée depuis plus de
dix ans, de l'empêcher de voir ses deux enfants qu'il a emmenés avec
lui, de dilapider tous ses biens, au profit des Jeanrenaud mère et fils,
des inconnus. Le marquis est-il fou ou possédé, comme l'affirme son
avoué ? Le juge Jean-Jules Popinot est chargé de se prononcer sur la
recevabilité de la requête. Une première visite à la marquise le
persuade de la nature froide, égoïste et calculatrice de la requérante.
Une deuxième entrevue, avec la dame Jeanrenaud, écarte à peu près
sûrement l'hypothèse de l'envoûtement et de la séduction : la femme est
vieille, grotesque, monstrueuse. Le troisième interrogatoire avec le
marquis permet enfin à Popinot d'établir avec assurance que celui-ci est
sain d'esprit. Seulement, les mobiles secrets qui ont guidé sa conduite
appartiennent à un âge révolu, où prévalait le sentiment de l'honneur.
Ayant appris par hasard l'origine trouble de la fortune de sa famille,
le marquis a voulu laver le nom de d'Espard en réparant les torts causés
par son bisaïeul. Au moment de la révocation de l'édit de Nantes, le
protestant Jeanrenaud avait en effet été arrêté et pendu et ses terres
confisquées au profit des d'Espard. Le premier marquis du nom, bien en
cour, n'avait pas été étranger au drame. Éclairé sur la soi-disant folie
du marquis, Popinot peut donc faire son rapport. Mais la rusée marquise
s'arrange pour le dessaisir du dossier. Quant à l'issue du procès, il
faudra attendre de lire Splendeurs et misères des courtisanes pour la
connaître.
Description:
En 1828, l'une des femmes les plus en vue de Paris, la marquise d'Espard, dépose auprès du tribunal une demande visant à faire interdire son mari. Elle accuse le marquis, dont elle vit séparée depuis plus de dix ans, de l'empêcher de voir ses deux enfants qu'il a emmenés avec lui, de dilapider tous ses biens, au profit des Jeanrenaud mère et fils, des inconnus. Le marquis est-il fou ou possédé, comme l'affirme son avoué ? Le juge Jean-Jules Popinot est chargé de se prononcer sur la recevabilité de la requête. Une première visite à la marquise le persuade de la nature froide, égoïste et calculatrice de la requérante. Une deuxième entrevue, avec la dame Jeanrenaud, écarte à peu près sûrement l'hypothèse de l'envoûtement et de la séduction : la femme est vieille, grotesque, monstrueuse. Le troisième interrogatoire avec le marquis permet enfin à Popinot d'établir avec assurance que celui-ci est sain d'esprit. Seulement, les mobiles secrets qui ont guidé sa conduite appartiennent à un âge révolu, où prévalait le sentiment de l'honneur. Ayant appris par hasard l'origine trouble de la fortune de sa famille, le marquis a voulu laver le nom de d'Espard en réparant les torts causés par son bisaïeul. Au moment de la révocation de l'édit de Nantes, le protestant Jeanrenaud avait en effet été arrêté et pendu et ses terres confisquées au profit des d'Espard. Le premier marquis du nom, bien en cour, n'avait pas été étranger au drame. Éclairé sur la soi-disant folie du marquis, Popinot peut donc faire son rapport. Mais la rusée marquise s'arrange pour le dessaisir du dossier. Quant à l'issue du procès, il faudra attendre de lire Splendeurs et misères des courtisanes pour la connaître.